L'aide en Belgique
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version du 25/10/2002

L'AIDE AUX VICTIMES DE SECTES EN BELGIQUE  

Jean-Claude Maes

Jean-Claude Maes est psychologue, psychothérapeute familial systémique et président de SOS-Sectes. Ce texte a été édité pour la première fois dans les Cahiers de la Santé n°16 : "Santé mentale et phénomène sectaire". On peut obtenir cet ouvrage par l'administration de la Commission communautaire française (belge), ou le télécharger sur le site de cette Commission (voir "Publications").

La littérature

Les associations belges

La Commission d’enquête parlementaire belge

La Santé et la Protection de la jeunesse

Deux « pseudopodes »

Une recherche

Des conférences

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En octobre 1994, la presse européenne s’émeut des 53 morts de l’Ordre du Temple Solaire. La presse belge s’émeut d’autant plus que le second du gourou de cette secte, Luc Jouret, est belge. Assez rapidement, des parlementaires proposeront de constituer une Commission d’enquête, qui se déroulera en 1997 sous la présidence de Serge Moureau.

La littérature

En 1994, la littérature sur le phénomène sectaire est essentiellement sensationnaliste, et son approche scientifique est quasi inexistante. Signalons quand même Max Bouderlique, docteur en philosophie (dont la présente revue reprend un article), qui a édité son premier ouvrage, « Sectes, les manipulations mentales », dès 1990, mais il s’agissait d’une édition relativement confidentielle. Signalons surtout Hayat El Mountacir, politologue, qui publie, justement en 1994, chez Fayard, « Les enfants des sectes », le résultat d’une investigation approfondie qui depuis, est devenu un classique. Signalons enfin, de nouveau en 1994, Alain Lallemand, journaliste d’investigation, qui publie « Les sectes en Belgique et au Luxembourg ». Il faudra attendre 1995, avec « Protégez-vous contre les sectes », de Steven Hassan, psychothérapeute, et 1996, avec « La mécanique des sectes », de Jean-Marie Abgrall, psychiatre et docteur en droit, pour commencer à se faire une idée un tant soit peu utilisable en santé publique des aspects psychologiques de cette problématique complexe… Depuis, chaque année apporte un nouveau livre de référence (on en trouvera une liste non exhaustive en annexe).

Les associations belges

En 1994, en Belgique, l’aide aux victimes de sectes est un secteur sous-développé, presque entièrement constitué de bénévoles. La pionnière est Mme Nyssens-Dussart, avocate qui à la suite du procès des frères Melchior (fondateurs des Trois Saints-Chœurs), fonde, en 1976, « Association de défense de l'individu et de la famille » (ADIF). Cette même année, en Flandres, se constitue un groupe d’entraide qui donnera naissance, en 1983, à une association pluraliste, la « Vereniging ter verdediging van persoon en gezin » (VVPG), qui se définit elle-même comme « un centre de consultation semi-professionnel en matière de sectes ». En 1992, le Dr Charles Berliner, choqué par les conditions du décès, le 8 octobre 1991, de la petite Anaëlle, fonde « Association des victimes des pratiques illégales de la médecine » (AVPIM), qui accueille dans les années qui suivent un grand nombre de victimes de sectes. Etc. (voir liste des adresses utiles).

La Commission d’enquête parlementaire belge

Suite à la Commission d’enquête parlementaire, M. Antoine Duquesne, actuellement Ministre de l’Intérieur, a cosigné un rapport qui essaie de définir ce qu’est une secte, et fait un certain nombre de recommandations aux pouvoirs publics, puis il a proposé au Parlement trois lois, dont l’une, votée, a débouché sur la création, en 2000, d’un « Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles » (CIAOSN) au sein du Ministère de la Justice.

La Santé et la Protection de la jeunesse

On l’aura compris, la Francophonie dans son ensemble met à disposition des usagers une quantité importante d’informations pertinentes, tant au niveau psychologique qu’au niveau juridique. On dénombre également un certain nombre d’initiatives dans le domaine de la prévention... Les deux secteurs les plus négligés me semblent être la Santé et la Protection de la jeunesse. Déjà, il serait impensable dans ces deux secteurs, où la bonne volonté doit céder le pas à un solide savoir-faire incluant dans le chef des intervenants un minimum d’analyse de leur contre-transfert, de s’appuyer sur des travailleurs bénévoles. Ensuite, force est de constater que les travailleurs des services généralistes susceptibles d’accueillir des situations liées au sectarisme sont le plus souvent ignorants des spécificités de cette problématique. Pallier à ce manque, au moins en termes de sensibilisation, est sans aucun doute un des objectifs du présent volume. Il est également la suite logique des quelques initiatives prises en matière de Santé.

Deux « pseudopodes »

En 1996, le vice-recteur de l’UCL, le Prof. G. Ringlet, prend l’initiative de faire engager par « Point de Repère Santé », une association chargée entre autres de la prévention des dépendances sur le campus de Louvain-la-Neuve, un assistant social spécialisé dans la problématique sectaire. En 2000, ce département devient un « Observatoire Local des Sectes », et continue à se développer. En 1996 à nouveau, l’assemblée générale du « Centre de Consultations et de Planning Familial Marconi » (CCPFM) ouvre un groupe de parole pour victimes de sectes, dont est sorti le constat de l’urgente nécessité de proposer aux victimes une consultation psychologique ciblée. Fin 2000, ce centre obtient de M. le Ministre Tomas, chargé de l’emploi en Région bruxelloise, une psychologue et une secrétaire ACS, et le 26 février 2001, génère une nouvelle association dont l’intitulé est sans équivoque : « SOS-Sectes ». Cette dernière obtient le soutien de M. le Ministre Gosuin, membre du Collège de la Commission communautaire française chargé de la Santé.

Une recherche

Dès 1996, le CCPFM a lancé une recherche scientifique en deux volets, soit le « profil individuel de 25 ex-adeptes de sectes » et le « profil familial de 24 ex-adeptes de sectes ». Les données de cette recherche ont été récoltées par des étudiants en stage, issus l’un du graduat en psychologie de l’Ecole Libre Marie Haps (Christophe Preudhomme), les autres de licences en psychologie de l’ULB (Muriel Dulieu, Nicolas Klépinine), de l’UCL (Laurence Dricot) et de l’université de Mons-Hainaut (Barbara Chasse). En 1999, à l’occasion du « Premier colloque belge d’aide aux victimes de sectes », Barbara Chasse a présenté une première synthèse du volet « individuel », et Manuel Ribeiro, psychanalyste, quelques corrélations se dégageant du volet « familial ». Fin 2000, grâce au soutien renouvelé de M. le Ministre Gosuin, Laurence Dricot et Barbara Chasse, toutes deux diplômées entre-temps, ont pu se remettre à l’ouvrage.

Des conférences

En 1995, se crée une « Association de soutien des parents victimes de sectes » (ASPVS), un groupe d’entraide qui organise, deux fois par an, une journée de conférence, le plus souvent avec un orateur et des témoignages. En 1996, quelques-uns de ces parents créent une seconde association, « Contacts et informations sur les groupes sectaires » (CIGS), pour assurer une permanence téléphonique. En 1999, ce sont des ex-adeptes, cette fois, qui créent « Aide aux victimes du comportement sectaire », dans le même but, et organisent, une fois par an, un colloque, en partenariat avec le CCPFM, l’aide de l’OLS, et le soutien de divers services ministériels de la Communauté française (tels que celui de l’Education permanente) et de la Commission communautaire française (tels que celui de la Santé, à nouveau). Si les conférences de l’ASPVS sont destinées aux victimes plus qu’aux professionnels, et les colloques, par contre, sont davantage destinés aux professionnels. La portée des deux est fondamentalement formative. A l’écart du sensationnalisme, il s’agit dans un cas comme dans l’autre de définir la spécificité d’une problématique méconnue malgré l’encre qu’elle a déjà fait couler dans la presse.

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